Les cauchemars

Qu’est-ce qui cause les cauchemars? Quand s’inquiéter? Quoi faire?

Les cauchemars font partie du développement normal des enfants, tout comme les terreurs nocturnes.

On se doit de bien différencier un cauchemar d’une terreur nocturne. En effet, lorsque l’enfant fait un cauchemar, il est important que le parent le réveille et le réconforte. En revanche, s’il s’agit d’une terreur nocturne, le parent doit absolument veiller à la sécurité de son enfant, et ce, en attendant la fin de l’épisode sans le réveiller.

Pour savoir comment réagir adéquatement et surtout, connaître la différence entre faire un cauchemar ou vivre une terreur nocturne, nous vous invitons à lire le texte : « Cauchemars et terreurs nocturnes : distinguer pour mieux agir ».

La recherche a fait de grandes avancées, mais les causes et les interventions à préconiser pour réduire les cauchemars occupent encore beaucoup les scientifiques du monde entier.

Voici les causes les plus fréquentes et les pistes de solution répertoriées à ce jour.

Les « drapeaux rouges » des émotions

Les rêves, qu’ils soient positifs ou négatifs (tels que les cauchemars) semblent être en lien avec notre capacité à réguler nos émotions, à résoudre des problèmes, à mettre les informations et les événements en mémoire, etc.

Les cauchemars peuvent ĂŞtre :

  • pour la majoritĂ©, associĂ©s Ă  ce qui se passe dans nos vies, Ă  notre Ă©tat psychologique;
  • spontanĂ©s (sans lien prĂ©cis avec notre monde interne ou notre Ă©tat de santĂ©);
  • liĂ©s Ă  une condition physique, telle qu’une maladie, la prise de certains mĂ©dicaments ou le fait de faire de la fièvre.

Un événement très chargé émotionnellement ou une situation générant un stress chez l’enfant peut se répercuter par un cauchemar en fin de nuit. Avoir vécu quelque chose de traumatisant est aussi souvent associé à la présence de cauchemars fréquents et dérangeants.

Les causes exactes des cauchemars restent encore à découvrir, mais une chose est certaine, ils sont une source d’information sur l’état psychologique et physique des enfants.

Les cauchemars sont ainsi une belle occasion de prendre conscience de notre état émotionnel ou de celui de nos enfants. Pour les parents, les cauchemars peuvent servir de drapeaux rouges et offrir l’occasion de rebondir sur ce qui se passe au quotidien en discutant du cauchemar calmement le lendemain, par exemple.

Outre tendre l’oreille à la présence de cauchemars, il existe plusieurs outils et ressources pour apprendre à gérer les émotions, dont le thermomètre des émotions, par exemple. Vous pouvez aussi consulter notre recueil d’outils pour soutenir la gestion des émotions des enfants afin de soutenir le développement de la capacité de gestion des émotions de votre enfant.

Que faire si les cauchemars prennent trop de place?

Faire un cauchemar n’est pas inquiétant en soi, car cela peut permettre l’adaptation à une situation, la gestion des émotions, la décharge d’un trop-plein, etc.

Bien que les cauchemars occasionnels ne nécessitent aucun traitement, il ne faut pas fermer les yeux sur ceux qui hantent nos nuits, que l’on soit enfant ou parent. Ainsi, quand les cauchemars reviennent souvent, plus d’une fois par semaine par exemple, ou encore qu’ils créent une grande détresse, il est bien de les considérer, tel un système d’alarme et de réagir adéquatement pour préserver ses nuits et ses jours. Les cauchemars peuvent vite devenir une grande source de stress au quotidien, affecter la qualité de vie en plus d’ouvrir la porte à la privation d’un sommeil réparateur.

Afin de réduire la fréquence et l’intensité des cauchemars, voici ce qui a été démontré comme étant efficace :

  • Offrir du rĂ©confort la nuit quand l’émotion nĂ©gative est Ă  son maximum. L’émotion ressentie est bien rĂ©elle. Il est reconnu que d’accueillir la peur ou la tristesse comme on le ferait le jour en aidant l’enfant Ă  nommer son Ă©motion et en le rassurant aura des effets bĂ©nĂ©fiques après quelque temps. Le rĂ©confort nocturne peut se limiter Ă  une prĂ©sence chaleureuse ou Ă  un câlin pour ne pas trop interrompre le sommeil. Les discussions plus longues et approfondies sont pour le lendemain, quand l’enfant est disponible Ă©motionnellement Ă  revivre les Ă©motions nĂ©gatives de son cauchemar.
  • Si les cauchemars sont en lien avec une situation ou un Ă©vĂ©nement, il peut ĂŞtre judicieux d’en parler avec l’enfant afin d’identifier les Ă©motions et les facteurs de stress et d’aller chercher l’aide professionnelle appropriĂ©e, si nĂ©cessaire (voir page Ressources).
  • Offrir un environnement calme est propice au sommeil paisible. Par exemple, rĂ©duire les sources de stress au moment de l’endormissement en le rendant prĂ©visible grâce Ă  une courte routine. La rĂ©duction du « chaos » de la journĂ©e par la pratique d’une transition connue, d’un rituel, d’un temps de dĂ©compression de 10-15 minutes, permet au cerveau de s’apaiser et de transitionner vers l’état mental du sommeil.
  • Porter attention Ă  ce que regarde votre enfant lorsqu’il est devant un Ă©cran, directement (contenu des Ă©missions appropriĂ©es pour son âge) ou indirectement (tĂ©lĂ©vision allumĂ©e sans interruption, exposition indirecte aux nouvelles, par exemple). Les cauchemars peuvent ĂŞtre le reflet des Ă©motions (images, paroles, etc.) vĂ©cues via des contenus numĂ©riques.
  • Modifier l’histoire du cauchemar… encore et encore. Vous pouvez vous inspirer de la technique de thĂ©rapie par rĂ©pĂ©tition de l’imagerie mentale (RIM) qui permet de traiter les cauchemars rĂ©currents ou traumatiques chez les enfants comme chez les adultes. Le principe est de changer le contenu du cauchemar pour quelque chose que l’enfant ne trouve plus terrifiant. Cela peut ĂŞtre de rendre le personnage rigolo ou de rendre la fin heureuse. Vous pouvez Ă©crire la nouvelle histoire du rĂŞve pour la relire plus tard, ou l’enfant peut dessiner son cauchemar et le modifier pour que cela devienne un dessin qu’il aimera regarder pour se rassurer. L’idĂ©al est de retravailler le scĂ©nario du cauchemar quand l’enfant est dĂ©tendu et disponible le jour suivant le cauchemar. Il existe des variantes qui incluent des techniques de relaxation Ă  faire lors de la modification du scĂ©nario pour aider Ă  accueillir l’émotion du cauchemar.
  • Si votre enfant a une condition physique ou psychologique connue, il est prĂ©fĂ©rable de vous assurer que les cauchemars ne sont pas en lien avec son Ă©tat ou son traitement. Les cauchemars peuvent ĂŞtre un effet secondaire d’une maladie, d’une affection ou d’un mĂ©dicament. Les cauchemars qui perturbent le quotidien ne sont pas anodins, ça vaut le coup d’en parler avec votre Ă©quipe de soins.

Ce texte est rĂ©alisĂ© en collaboration avec Apprendre Ă  dormir

Vulgarisation scientifique de Gabrielle FrĂ©chette-Boilard, M. Ps. Ă©d. et doctorante, Catherine Lord, Ph. D. et Evelyne Touchette, Ph. D.

Ce texte complĂ©mente l’outil de prĂ©vention et d’intervention « ABRACADABRA pour vaincre ou prĂ©venir les cauchemars et les terreurs nocturnes » qui s’adresse Ă  tous les donneurs de soins incluant les parents d’enfants de 18 mois Ă  l’adolescence.

Inspirations et sources scientifiques